Un apéritif avec Cécile Duflot: "Je n'ai pas quitté la politique pour vendre du yaourt"

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Chaque semaine, l’époque porte ses fruits. Le directeur d’Oxfam France passe de coq à âne, mais n’oublions pas l’essentiel: l’action pour le climat.

Propos recueillis par Clara Georges Publié aujourd'hui à 06h33 Temps de lecture 6 min.

Article des abonnés Cécile Duflot à La Grotte de l'Insolite, Paris, le 29 janvier. Cécile Duflot à La Grotte de l'Insolite, Paris, le 29 janvier. MARTIN COLOMBET POUR "LE MONDE" Cécile Duflot n'arrive plus à retrouver la photo. Elle fait défiler les images sur l'écran fissuré de son téléphone. "Comment c'est possible? Où est ce fond d'écran? Je ne comprends rien à ces choses." La photo manquante, que le nouveau directeur d’Oxfam France recherche avec persévérance, est celle du revêtement qu’elle a choisi pour décorer sa chambre de la maison familiale des Landes. "Je l'ai dit moi-même. C'est beau, avec du poisson et des fleurs. Attends …" Nous attendons. Nous rêvons lentement sur un mur de notre salon décoré d'un papier peint anglais chatoyant, presque psychédélique. "Papier peint de Cécile Duflot", laissez-nous glisser vers les invités. Il est temps Elle décoration apéritif. Parlant de décoration, est-il raisonnable, ce banc velu sur lequel nous sommes assis tous les deux, dans un bistrot du 11ème arrondissement à côté de son travail et dans l’appartement de sa compagne, La grotte de l’insolite, choisie pour "Le pain est un tueur" (mais nous ne le mangerons pas) Les poils sont rugueux, comme une vache, et les accoudoirs et le dos sont en cornes, comme un gnou. "Heureusement que le photographe ne m'a pas mis là-bas, j'aurais eu les antispécistes sur le dos"dit-elle devant son verre de Bourgogne. Cécile Duflot est d'humeur légère – nous nous réunissons plusieurs jours avant son témoignage lors du procès Baupin et les attentats qui ont suivi sur Twitter. Lire aussi Procès Baupin: enquête ouverte sur les tweets offensants reçus par Cécile Duflot après son témoignage

"Tout sauf la désertion"

Les images valsent. "Non, ce sont les vacances", alors que nous voyons un album avec un nom de région italienne. Bien ? "Extraordinaire." Toujours pas de papier peint. Arrive un selfie franchement dérangeant. "Un frelon m'a piqué à la paupière cet été." Aie. "Oui, ça fait très mal." Un autre coup du réchauffement climatique, pense-t-on, ces saletés asiatiques que nous avons traversées jusqu’en novembre. Mais nous ne disons rien. Pas besoin d'ajouter de l'eau à son moulin à énergie renouvelable qui fonctionne déjà à pleine capacité. Sur l'énergie, nous avions un doute, cependant. Parce qu’arrêter la politique à 43 ans, après avoir été chef de parti, ministre (du logement, sous François Hollande) et député, cela ressemble à une désertion verte. Notre maison brûle, vite, regarde ailleurs?