Architecture: Corinne Vezzoni épouse le paysage marseillais

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L'architecte, qui conçoit des bâtiments écologiques, s'est battu pour se faire une place dans la ville phocéenne.

Par Isabelle Regnier Publié hier à 17h29, mis à jour hier à 17h29 Temps de lecture 5 min.

Article des abonnés Dans le 13ème arrondissement de Marseille, le lycée gym Simone Veil, conçu par l'architecte Corinne Vezzoni. Dans le 13ème arrondissement de Marseille, le lycée gym Simone Veil, conçu par l'architecte Corinne Vezzoni. Lisa RicciottiAvec Paris, elle irait dans une bouteille. Et le Vieux-Port de Marseille serait une grande zone piétonne. Si le président de la communauté urbaine, Eugène Caselli, avait confié le redéveloppement, en 2010, à Corinne Vezzoni, les voitures n'auraient plus le droit de citer. Et cet architecte pétulant serait mieux connu du grand public qu'aujourd'hui. Le jury constitué à l'époque s'est prononcé en sa faveur. Est-ce précisément parce qu'il ne suffisait pas que le contractant principal ait préféré le tandem Norman Foster et Michel Desvignes? Est-ce parce qu'elle avait poussé au bout de sa logique le projet de semi-piétonisation du quartier sur lequel elle était responsable du revêtement de sol? La déception fut dure, mais sous son casque à cheveux blonds, Corinne Vezzoni, 54 ans, a un cuir épais. Depuis qu’elle a créé son agence en 2000 à Marseille avec Pascal Laporte (maintenant avec un troisième partenaire, Maxime Claude), elle a eu tout le temps d’expérimenter la difficulté de construire dans cette ville quand nous sommes non seulement une femme, mais surtout une femme. "étrangère" – elle a passé son enfance et son adolescence au Maroc. L'aventure du Vieux-Port a eu le mérite de la mettre en contact avec Frédéric Chevalier, fondateur de la société HighCo et membre de ce jury désavoué, qui avait soutenu son projet – il est décédé depuis, en 2017, dans un accident de moto. Lire le focus: La vie de rêve du stade Ricciotti En 2014, il avait conçu l'idée d'un nouveau type de campus: un "camp de base", à la fois un incubateur de jeunes pousses et un lieu de formation pour tous, où chercheurs, entreprises, artistes viendraient phosphorer le futur et mettre en œuvre des solutions pour adapter nos vies aux grands bouleversements climatiques, technologiques, transhumanistes qui se produisent … L'architecture du lieu devait refléter ce rêve de gourou. Citoyenne architecte et optimiste pragmatique, Corinne Vezzoni est apparue à Frédéric Chevalier comme la femme de la situation.

Un écosystème harmonieux

Dans un esprit assez spartiate, en accord avec la vision du sponsor, elle a conçu The Camp (ouvert en septembre 2017) comme un archipel de bâtiments cylindriques reliés entre eux par un grand parasol blanc de 8 000 m2 percé en trois points différents de grandes eaux de pluie. cônes de récupération: "Ces espaces circulaires conditionnent les réunions. Nous allons où nous voulons, nous nous glissons entre les bâtiments. Nous avons l’idée de vivre à l’extérieur. Le parasol favorise la ventilation naturelle. Nous économisons une énergie colossale en matière de désenfumage, de climatisation, de lumière." # 39; une réponse à la question: comment vivre différemment demain? "