Paris-2024: terrain à vendre pour la construction d'un village olympique

0
4
L'architecte français Dominique Perrault, devant son modèle représentant le futur village olympique de la JO-2024, Paris, le 4 mars 2019 / AFP / Archives

L'architecte français Dominique Perrault, devant son modèle représentant le futur village olympique de la JO-2024, Paris, le 4 mars 2019 / AFP / Archives

C’est un projet immobilier à double détente, première résidence des athlètes aux Jeux Olympiques de Paris-2024, puis nouveau quartier au nord de la capitale: l’opération de vente du terrain du village olympique, préalablement à sa construction, sera lancé mardi au Mipim, le marché international des professionnels de l'immobilier. Aujourd’hui, c’est un site d’activités encore marqué par sa vocation industrielle, peu animé malgré la création de la Cité du Cinéma – un "bunker" "selon les locaux – la présence d’écoles et de commerces.Au nord, passer l’A86 et la très haute tension lignes, ouest de la Seine, et à proximité se dresse le squelette de la tour Pleyel, qui deviendra un hôtel, à quelques pas de la future gare du Grand Paris Express, carrefour de quatre lignes de métro et du RER.C est sur cette partie de la Seine-Saint-Denis en pleine mutation, 51 hectares à cheval dans trois communes (Saint-Ouen, Saint-Denis et Ile-Saint-Denis), qui sera l'été 2024, des dizaines d'immeubles pouvant accueillir 15 600 athlètes et leurs accompagnateurs. Après les Jeux olympiques et paralympiques, ces bâtiments seront reconfigurés, aux frais du comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo), pour faire place à un nouveau quartier près de Paris.En 2025, 2 200 logements familiaux – dont 25 à 40% des logements sociaux selon munic ipalités, 900 logements spécifiques (étudiants, personnes âgées …), 300 chambres d’hôtel, 135 000 m2 d’activités (bureaux, commerces et services), écoles, installations sportives et espaces verts. Tous dans des bâtiments qui vont de trois à neuf étages, avec un pic à 14 niveaux.- Petite ville –

Vue du site du futur village olympique à la JO-2024, le 2 août 2017 à Saint-Denis / AFP / Archives

Vue du site du futur village olympique à la JO-2024, le 2 août 2017 à Saint-Denis / AFP / Archives

"6.000 habitants, 6.000 emplois, c'est une petite ville (…) Nous allons recréer un tissu urbain", a résumé à l'AFP Benoît Piguet, directeur institutionnel de Solideo, l'entreprise publique chargée de superviser tous les chantiers de la Jeux Olympiques et de développer les athlètes & # 39; village. Toits verts, matériaux en bois ou en béton à faible émission de carbone, circulation piétonnière et cycliste, le Solideo affiche également de grandes ambitions environnementales. Mais le projet suscite la méfiance de certains groupes d'habitants, rassemblés dimanche à la bourse du travail de Saint-Denis par le "comité de vigilance JO-2024". Parmi les principales préoccupations, le risque de spéculation et de hausse des prix, la hausse du trafic automobile sur certaines routes ou la densité de logement trop élevée. "Nous voulons éviter l'inflation immobilière", a déclaré à l'AFP Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, où se trouve le village.Mardi, lors du Mipim, la grande masse de l'immobilier à Cannes, le Solidéo lance la procédure de consultation pour la vente de deux terrains à bâtir à Saint-Ouen, mille habitations chacun, pour un total de 109 600 m2 de surface. Chaque candidat doit être sous la forme d'un groupe comprenant un ou plusieurs investisseurs, promoteurs et architectes. Le choix sera connu à l'automne. Un tel projet a de quoi éveiller l’appétit du secteur, d’autant plus que le Solideo promet de "préfigurer la ville de 2050" et de faire du village une "vitrine de l’excellence dans les chaînes françaises". Mais l'opération est singulière, car une fois les bâtiments construits début 2024, le Cojo prendra possession des lieux en échange d'une indemnité d'occupation à définir. Avec les travaux post-JO, les premiers occupants sont attendus à l'été 2025, un investissement inhabituellement long. "Les équipes à domicile se penchent sur ceci: nous devons être en mesure de porter des bâtiments à moyen et long terme", analyse Alain Taravella, président du promoteur Altarea Cogedim, interrogé par l'AFP. L'enjeu est budgétaire: "quand nous ouvrirons les plis , c’est là que nous aurons la vérité sur le prix ", avait déclaré au Sénat le délégué interministériel aux JO, Jean Castex, en décembre, alors que l’Etat a promis à plusieurs reprises que le projet de loi sur les Jeux Olympiques (3 milliards de dollars pour la construction, y compris 1,37 milliard de dollars de l’Etat et des communautés) n’auraient pas explosé. Un autre sujet est la construction de sites de construction qui pourraient rendre la zone très difficile, avec la construction d’un nouvel échangeur et d’un mur antibruit sur l’A86, la nouvelle gare du Grand Paris Express et un pont entre l’île Saint Denis et Saint-Denis.

afp

Et aussi